Certaines personnes souffrent de différentes angoisses en voyage. Pourtant pour des raisons professionnelles ou personnelles, elles se doivent de surmonter ces peurs. Parmi celles-ci, la phobie de l’avion est la plus courante. De nos jours, des techniques permettent de remédier à ces problèmes. Mais, attention! Il s’agit de s’adresser à des praticiens compétent.
L’angoisse en voyage
Nous avons rencontré le docteur Paul Koeck d’Anvers pour évoquer cette question. Diplômé en médecine de la K.U.L. il entreprit plusieurs formations complémentaires, rotamment un diplôme en thérapie systémique à l’Institut Korzybski à Bruges et en hypnose au VATHYP à Louvain. Il compléta sa formation médicale par une licence en management (Vlerick à Gand). Cette formation économique lui permit d’entrer en contact avec le milieu des affaires et de s’intéresser au stress en entreprise. Il s’aperçut que des cadres généraient des angoisses en voyage. Cette situation leur pose évidemment des problèmes dans leur travail ou pour recevoir une promotion. Aussi, il n’est pas étonnant de constater que certaines sociétés, soucieuses du climat social et du bien-être de leur personnel, interviennent dans les frais de soins. “En général, les personnes qui présentent ce genre de symptômes sont des perfectionnistes. Ils veulent exercer un contrôle sur tout et sont souvent plus tendus que la moyenne des gens.” Les origines peuvent être diverses. Le patient peut avoir une idée fixe, parfois ancrée en lui depuis sa tendre enfance. S’il a vu un accident d’avion. Il n’est pas étonnant qu’il ait certaines appréhensions. D’autres personnes ont eu, par exemple, une crainte intense et subite lors d’un vol. Ils sont convaincus que lors prochain vol, ils ne parviendront pas à surmonter cette angoisse. Ils décident alors de commencer un traitement. La phobie de l’avion est parfois combinée avec un autre phénomène comme la claustrophobie. Ainsi, le fait d’être assis dans un endroit restreint - comme dans un avion - peut augmenter l’inquétude. Certains hommes d’affaires éprouvent le même sentiment lorsqu’ils prennent l’ascenseur ou lors de réunions dans des petites salles. Un individu perdra aussi le contrôle de ses moyens lors de voyages en voiture le long de ravins ou dans des passages étroits. Le conducteur développera moins facilement ce genre d’affres que les passagers tout simplement parce qu’il a le sentiment de mieux contrôler la situation. Lors de leurs voyages internationaux, les dirigeants d’entreprises sont confrontés à la question du décalage horaire. Certains ne s’y adaptent pas. Là aussi, on peut leur venir en aide par l’apprentissage de techniques pour rattraper le retard de sommeil. L’investissement en temps demandé au patient est alors plus important.
Comment se déroule le traitement?
“Dans une première phase. J’essaie de me former une idée du problème. En fait, je me contente d’écouter et de cerner la personnalité du patient. Sur une échelle numérotée, je lui demande de mesurer l’intensité de sa peur mais aussi sa motivation. Celle-ci est souvent très forte. C’est pourquoi le pourcentage de guérison est extrêmement élevé.” Ensuite, on discute de la stratégie: on cherche à savoir quelle technique s’adapte le mieux au patient. Il est important que le patient collabore. Il s’agit aussi de voir si la personne est facilement hypnotisable ou non. Les gens ont souvent une fausse idée de l’hypnose. Elle permet de traiter les appréhensions évoquées ci-dessus de façon plus rapide et plus profonde que d’autres techniques. La télévision ne contribue pas à en améliorer l’image. Les techniques utilisées sont différentes. En réalité, il s’agit simplement de l’utilisation d’un phénomène naturel. Il arrive en regardant un film que l’on soit totalement absorbé par le spectacle. On en oublie le siège inconfortable sur lequel on est assis. On entre dès lors en transe. L’hypnotiseur au moyen de techniques appelle ces situations de transe de façon artificielle dans le but d’apprendre une nouvelle réaction émotionelle au patient. Il est important de suivre le rythme de la personne, d’aider le patient à mieux se connaître. On peut évoquer la peur du patient, l’amener à l’avant et lui demander de la décrire. Certaines personnes donnent des images. On travaille alors plus loin sur cette base. C’est à ce stade que le thérapeute aide le patient à vivre d’une manière positive un événement vécu autrefois négativement. Après on sort de l’hypnose. “C’est le moment d’analyser comment le patient a vécu le traitement, de connaître ses impressions.” Il est important de voir comment l’individu évolue. ‘Aussi, il m’arrive de voler avec le patient. Je l’accompagne dès la préparation des bagages, je prends le taxi ou la voiture avec lui, etc. Pendant tout ce temps, je mesure son anxiété.” S’il y a encore des problèmes, on cherche des techniques supplémentaires. “D’autre part, je suggère au patient de s’hypnotiser lui-même chaque fois qu’il en ressent le besoin pour contrôler son angoisse et augmenter sa confiance en lui-même.”
Si la demande pour ce type de soins émane surtout de cadres de sociétés - qui sont obligés pour des raisons professionnelles de surmonter cette peur – il n’en reste pas moins que des personnes se privent d’effectuer des voyages de longue distance en raison de cette angoisse. C’est d’autant plus regrettable que ce genre de traitement ne demande que peu de séances
Hervé Ceulemans
Discussion à bâtons rompus
Touriscoop: “Vous déplacez-vous principalement pour des raisons professionnelles ou privées?”
Paul Koeck: “Souvent je m’arrange pour combiner les deux formes de voyages. Comme il m’arrive régulièrement de participer à des congrès, j’en profite pour prolonger mon séjour de quelques jours pour visiter l’endroit, mais aussi pour me plonger dans la lecture. Je lis surtout des ouvrages scientifiques qui ont un rapport direct avec mon travail.”
T.: “ Quel type de logement préférez-vous?”
P.K.: “ Je choisis en général la formule “Bed & Breakfast”. Par exemple, lors d’un récent voyage qui m’a conduit dans plusieurs villes de Roumanie, j’ai dormi à chaque étape chez l’habitant. C’est la meilleure façon de découvrir le pays et sa population. Quand j’en ai l’occasion, je loge chez des amis. La tente me plaît aussi. Je ne recherche pas vraiment le luxe.”
T.: “ Avez-vous une destination de prédilection?”
P.K.: “ Je rêve de réaliser un long voyage en Amérique Latine où j’ai d’ailleurs effectué une partie de mes stages de médecine. Malheureusement, le manque de temps m’empêche de mettre mes projects à exécution. Récemment, je me suis rendu en Hongrie dans le cadre d’un projet de l’asbi “Managers zonder grenzen” pour étudier les possibilités de contacts.”
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